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Comment gérer son stress et ses émotions pour s'en libérer?




Voyez-vous cette sensation de mains moites, que la gorge se noue, que la poitrine se serre ou même que le cœur s’accélère. Peut-être quelques minutes avant une présentation importante, une compétition ou plus simplement au moment où une personne que l’on estime nous parle. Bien souvent, à ce moment-là, on aimerait être partout, sauf là où l’on se trouve. Plus on pense à ce que l’on ressent et plus les sensations augmentent. On commence à rougir et plus on ressent que l’on rougit, plus on se sent mal et plus on rougit. On commence à fuir le regard de l’autre, à bafouiller et toute cette situation nous met encore plus mal à l’aise, au point même parfois, de s’inhiber complètement, sans pouvoir verbaliser quoique ce soit, ou même au point de s’évanouir. Vous l’aurez compris, je vous parle bien de cette réaction physiologique qu’est « le Stress ».

Parce que non, le stress n’est pas une émotion !


Pourtant, aujourd’hui on entend le mot « Stress » à toutes les sauces.


Or le Stress est à l’émotion ce que la pluie est au nuage. S’il n’y a pas d’émotion, il n’y a pas de Stress. Par contre, s’il y a du Stress, il y a forcément de l’émotion. Exactement de la même manière que s’il n’y a pas de nuage, il n’y a pas de pluie et s’il pleut, il y a forcément des nuages. Le Stress est ce que l’on subit, mais il n’est engendré que parce que l’émotion est présente. Pour autant, la pluie, comme les nuages peuvent être bénéfiques d’une manière ou d’une autre, à condition de les avoir constatés, observés, analysés et de savoir quoi en faire.



Il est donc incohérent de vouloir gérer son stress sans remonter jusqu’à l’émotion. Ce serait comme vouloir arrêter le coulis de l’eau d’une rivière, sans remonter à sa source. A un moment ou à un autre, ce ne sera plus un coulis, mais un torrent qui surgira du fait de l’avoir retenu pendant trop longtemps. De ce fait, les dégâts n’en seront que plus grands. Il suffirait pourtant d’observer et d’utiliser le coulis de l’eau à son avantage, pour pouvoir profiter de toute sa splendeur et des bénéfices que celui-ci peuvent apporter à la Terre. Comme lui permettre d’irriguer les plantations pour qu’elles deviennent incroyables de beauté et de magnificence. Tout comme une terre sèche, ayant besoin d’eau, notre esprit a besoin des émotions pour s’épanouir, pour devenir une terre riche, fertile sur laquelle le bonheur prolifère. Or, priver notre Terre de son hydratation reviendrait à la laisser mourir de sécheresse. Les émotions sont nécessaires au bien-être de l’esprit et au bien-être du corps.

Vous l’aurez compris, avant de vouloir gérer son stress, encore faut-il gérer, comprendre et apprendre à vivre avec ses émotions.


Mais pour quelles raisons avons-nous si peur des émotions ? Pourquoi préférons-nous lutter contre elles plutôt que de vivre avec ?


Pendant très longtemps nous avons été éduqué à contrôler nos émotions, à les cacher, au point même que ces dernières en soient devenues taboues dans certaines familles. « Ne pleures pas, tu dois être fort(e), ne cries pas, contrôles-toi, n’aies pas peur, sois courageux (se) »…toutes ces phrases vous font remonter des souvenirs ?... vous rappellent à quel point vous avez été « programmés, conditionnés, éduqués et même dressés » à agir d’une certaine manière pour « coller » aux normes de la société et ce dès le plus jeune âge ? Dans un premier temps pour pouvoir intégrer un environnement scolaire dans lequel nous devions être un « modèle » d’éducation.



En effet, souvenez-vous comme les élèves les plus sages recevaient d’incroyables gommettes, images ou cadeaux pour les féliciter de leurs comportements appropriés. Un peu comme lorsque l’on « dresse » un animal... Cela vous choque… ? Faites abstractions de vos filtres, prenez de la hauteur et observez objectivement les faits... est-ce vraiment si loin de la réalité ? Je ne dis bien évidemment en aucun cas que cela est bien ou mal.

Quoiqu’il en soit, cette dernière n’est rien d’autre qu’une manière de nous conditionner, pour que nous puissions « coller » à un modèle social précis. Chaque société est différente et c’est bien pour cette raison que lorsque les cultures se confrontent, il y a parfois « choc », incompréhensions et conflits de valeurs. Le fait même de nous éduquer permet de contrôler nos émotions. C’est à ce moment que l’on commence à les considérer comme « mauvaises », « inappropriées », « dangereuses », au point de les fuir. Parfois même, de considérer quelqu’un qui verbalise ses émotions comme étant faible voire anormal. Mais « anormal » par rapport à quelle norme ? Celle de la société, celle qui nous a été transmise comme vraie, au point d’en devenir une croyance, une évidence à transmettre aux futures générations.



Pourtant, si l’on observe un bébé attentivement, il n’a aucun filtre, aucune retenue, il est simplement un Être doué d’émotions. C’est en cela qu’il est naturel. Il vit, il existe à travers ses émotions, il interagit avec le monde extérieur grâce à ses émotions. Alors pour quelles raisons les inhiber dès l’éveil ? Pour quelles raisons avons-nous si peur de nos émotions ? Pourquoi préférons-nous lutter contre elles plutôt que d’apprendre à les comprendre pour vivre avec ?



Imaginez cette situation: un monde dans lequel, dès notre plus tendre enfance nous aurions appris, non pas à inhiber mais à comprendre nos émotions, pour apprendre à vivre, à grandir avec. Pour les canaliser telle une rivière que l’on pourrait orienter à notre guise afin de profiter de toutes ses vertus. Toutefois, reste à savoir comment irriguer, alimenter telle ou telle partie de notre esprit, pour qu’elle devienne encore plus productive. Telle autre partie pour ne plus jamais ressentir cette sensation de stress et de trop pleins d’émotions, comme si cette rivière débordait à chaque fois que l’on y construisait un barrage, pour faire semblant qu’elle n’existait plus. Imaginez au contraire, que dès notre plus tendre enfance, au lieu de nous dire de ne pas pleurer, nous aurions appris à mettre un mot sur l’émotion, à l’apprivoiser, à la comprendre et à l’accepter comme une simple normalité ? Qu’en serait-il aujourd’hui ? Mais avant de pouvoir imaginer un tel scénario, encore faut-il savoir ce qu’est une émotion ?


Qu’est-ce qu’une émotion ? A quoi sert-elle ?


La notion d’émotion est sujette de débat entre les psychologues et les philosophes depuis plus d’un siècle. Si l’on s’attarde sur l’étymologie du mot « Émotion », son sens s’offre à nous comme une évidence. Ce mot vient du latin « motio » qui veut dire mouvement et « e » qui signifie qui vient de… l’émotion est un mouvement qui se dirige vers l’extérieur. Lorsque l’on a une émotion, une réaction intrinsèque due à un élément extérieur se crée. L’Oxford English Dictionary définit l’émotion comme « une agitation ou un trouble de l’esprit, du sentiment, de la passion, tout état mental de véhémence ou d’excitation ».Daniel Goleman, (docteur en psychologie, enseignant à Harvard et journaliste) explique qu’il existe « des centaines d’émotions, avec leurs combinaisons, variantes et mutations », mais nous ne nous attarderons que sur les principales.


En effet, les émotions le plus souvent mises en avant sont : la Colère, la Tristesse, la Peur, le Plaisir, l’Amour, le Dégoût et la Honte. Et chacune correspond à une réaction intrinsèque due à un élément extrinsèque.

Autrement dit, il n’existe pas d’émotion s’il n’y a pas d’interaction avec l’environnement.


D’où proviennent ces émotions ?


Depuis une vingtaines d’années, les neuroscientifiques pensaient avoir mis en exergue la partie de notre cerveau responsable de nos émotions. Grâce à plusieurs études, les scanners ont mis en évidence que certaines zones cérébrales sont nécessaires à l’activation des émotions. Par exemple, L’Amygdale, située dans la partie profonde du cerveau serait indispensable pour activer la Peur. Pourtant, après des études plus approfondies menées par une équipe de chercheurs Américains, il s’est avéré que cette affirmation est loin d’être exacte. En effet, la Peur serait en effet située à cet endroit, mais pour la plupart des émotions, plusieurs parties du cerveau sont activées en même temps. La Tristesse serait par exemple, le résultat de l’activation d’une boucle rétroactive entre le cervelet et le tronc cérébral (sans le cortex). L’Amygdale serait à ce même moment au repos. Cette étude a été menée par le Directeur Tor Wager et les chercheurs de l'Université du Colorado.

Pour autant, chaque émotion est activée par un stimulus extérieur et sans celui-ci, l’émotion n’existerait pas.



Or, ne sommes-nous pas justement des Êtres-Humains parce-que nous avons cette capacité à interagir, à penser l’extérieur ? Rappelons que le terme « Être » provient de « ex » : en dehors de... et « sistere « : exister… Nous sommes donc Humains parce que nous existons en dehors de nous-même. Nous sommes en mesure de percevoir, de penser l’extérieur comme un environnement propice à notre épanouissement. Vous voyez certainement où je veux en venir. Inhiber nos émotions, nous empêcher d’interagir avec l’extérieur reviendrait simplement à ne plus être ce que nous sommes, des êtres humains, en capacité à réagir, à interagir avec les autres, à raisonner en prenant conscience de l’Environnement.



C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsque certaines personnes prennent des médicaments pour canaliser leurs émotions. Elles se coupent littéralement du monde extérieur. Il en devient même difficile de communiquer et de les comprendre lorsque plus aucune émotion ne transparaît, n’est-ce pas ?

Nos émotions sont les clés qui nous permettent d’ouvrir la porte de notre Humanité. Sans émotion, celle-ci serait définitivement verrouillée. Sans les émotions nous ne pourrions donc plus communiquer qui nous sommes, qui nous voulons être et qui nous choisissons de refléter au regard de l’autre.


Malgré tout, parfois, ces dernières peuvent être difficiles à gérer. Le nuage d’émotions peut être tellement chargé qu’il en devient incontrôlable. Un peu comme une pluie torrentielle qui ne s’arrêterait que lorsque le nuage serait complètement vide, déchargé. C’est ce qui se passe notamment lors d’une « crise d’angoisse ». La décharge d’émotions est telle que la rivière déborde et ravage tout sur son passage, telle une crue émotionnelle.

Mais est-il plus pertinent de focaliser son attention sur cette rivière ou sur la raison pour laquelle le nuage s’est autant chargé ? Ne serait-il pas plus salutaire de décharger ce nuage petit à petit plutôt que de le laisser s’intensifier au point d’exploser ?


Comment gérer ses émotions pour vivre en harmonie avec elles ?


J’aime utiliser cet exemple pour illustrer ce que signifie « vouloir contrôler ses émotions ».


Imaginez que vous souhaitez entrer dans une pièce. Pour cela vous devez ouvrir une porte. Vous observez la poignée… vous posez votre main sur celle-ci…vous l’actionnez et vous poussez la porte…celle-ci ne s’ouvre pas. Vous insistez…plus vous insistez et moins la porte s’ouvre et plus la colère monte…au bout de quelques secondes, vous prenez un temps pour réfléchir et finalement vous choisissez d’abandonner l’idée de pousser la porte pour finalement la tirer. La porte s’ouvre... ça vous parle ? (Vous souriez ? C’est normal)…

Vouloir contrôler ses émotions reviendrait à vouloir désespérément pousser la porte, sans réfléchir à une autre solution, malgré tous les signes extérieurs de mauvaise gestion de la situation : l’augmentation des émotions, l’augmentation du mal être, l’augmentation de l’inconfort…. Il aurait pourtant suffit de s’arrêter quelques secondes, respirer, lâcher prise (vous pouvez en savoir plus sur cette notion dans l’article « comment agir pour être heureux »), pour trouver la solution et apaiser ce torrent intérieur.


Vous l’aurez compris, la première clé indispensable à la gestion des émotions est de prendre le temps de respirer.


La Respiration.


La respiration est un outil merveilleux pour plusieurs raisons. Tout d’abord elle permet de se recentrer sur soi et donc de faire abstraction de l’environnement extérieur. Les émotions étant créées par l’interaction avec ce dernier, si l’on se focalise et que l’on porte toute son attention sur sa respiration, il n’y plus de place pour se concentrer sur autre chose. Les émotions diminuent nécessairement. De plus, prendre le temps de respirer permet de prendre le temps de réfléchir. La respiration permet d’augmenter l’apport en oxygène au cerveau et donc d’augmenter la capacité de traitement de l’information et l’analyse de la situation. En tout point, la respiration est donc une clé indispensable à la gestion des émotions. Mais respirer pour se recentrer ne permet pas de comprendre l’émotion, cela permet simplement de l’atténuer. Un peu comme si l’on trouvait le moyen de limiter l’alimentation du nuage pour qu’il ne se charge pas davantage. Pour autant, on ne saurait pas d’où provient le nuage pour pouvoir anticiper sa formation.


Nommer l’émotion permet de la comprendre et réduire son impact.


Plusieurs études et notamment celle de Matthew Lieberman ont prouvé que mettre des mots sur les émotions désagréables, permet de réduire l’impact de celles-ci. En effet, nommer l’émotion au moment où on la ressent : « je ressens de la Peur, je ressens de la Colère, je ressens de la Tristesse », permet de la comprendre. Or le simple fait de la conscientiser permet de minimiser son effet. Une situation inconnue est toujours plus stressante qu’une situation que l’on peut anticiper, n’est-ce pas ? De ce fait, se recentrer sur l’objet et moins sur l’impact que celui-ci a sur nous-même, permet de reprendre le contrôle de la situation, pour pouvoir l’appréhender. C’est un peu comme observer le nuage pour prendre conscience de ce qu’il est, plutôt que de l’impact qu’il pourrait avoir, afin de réfléchir à la manière de le canaliser, avant d’être surpris par l’averse. C’est bien souvent à ce moment que l’on peut prendre du recul, pour s’apercevoir que nous avons-nous même crée ce nuage.


Prendre du recul sur la situation pour s’apercevoir que l’émotion n’est que le résultat d’une interprétation.


Une émotion n’est jamais un fait objectif. Elle est toujours l’interprétation que l’on se fait du fait. Nous pouvons trouver une fleur jolie, ressentir de la joie, du plaisir et même de l’amour à la regarder. Pourtant, elle peut provoquer du dégoût chez une autre personne. Or, cette fleur n’est qu’une fleur. C’est l’image, la représentation que l’on s’en fait, qui construit l’émotion que nous en avons. C’est exactement le même processus pour toutes les situations et les émotions. Si nous prenons le temps de prendre conscience que, lorsqu’une situation se produit, l’émotion que nous éprouvons, n’est rien d’autre qu’une interprétation que l’on s’en fait, alors nous pouvons prendre du recul. Un peu comme s’il était possible de se dissocier, pour visualiser la situation sous un autre angle. Comme une tierce personne, qui assisterait en simple spectateur, pour analyser les faits, sans aucune interprétation liée à une émotion quelconque. Il devient donc beaucoup plus facile de reprendre le contrôle de la situation, afin de pouvoir l’analyser et gérer ses émotions.


Analyser et comprendre la présence de l’émotion.


Après avoir nommé l’émotion et pris du recul sur la situation, être en mesure de comprendre sa présence, permet de s’en servir efficacement. En effet, une émotion ne survient jamais par hasard. Elle est toujours le fruit, la conséquence d’un besoin perçu comme non assouvi. Prenons un exemple précis pour illustrer cela : la peur d’intervenir en public peut dissimuler bien des choses ; un manque de confiance en soi dû à un besoin de reconnaissance ; une angoisse liée à un besoin d’être considéré comme intelligent ; une volonté de réussir pour se sentir utile…

Comprendre la nature de ses émotions, permet de travailler sur soi, d’évoluer, de grandir, de s’épanouir et de s’ouvrir à l’autre. Il s’agit là de profiter du coulis de l’eau de la rivière afin d’arroser la terre, pour qu’elle devienne fertile, afin d’y semer les graines de l’épanouissement, du bien-être, du Bonheur. Cependant, pour l’analyser et la comprendre, encore faut-il choisir de prendre le temps de le faire. Prendre le temps de respirer, pour se laisser le temps d’analyser…voici que la boucle est bouclée.


Enfin, les émotions agréables comme gênantes sont utiles et enrichissantes à soi-même. Elles sont nécessaires pour devenir une meilleure version de soi. Il suffit de les accepter, de les écouter, de les analyser, pour comprendre à quel point elles sont le noyau dur de tout ce qui gravite autour de l’épanouissement de soi. Oser les accepter, oser les ressentir, oser les vivre pleinement pour les comprendre, permet d’apprendre à se connaitre, pour s’améliorer et avancer en accord avec la personne que l’on souhaite devenir.


Nos émotions sont le résultat de notre construction mentale, de l’environnement tel qu’on le perçoit subjectivement, bien différent de l’environnement de chaque personne que l’on rencontre, et encore plus différent de la réalité. Elles nous sont propres, elles sont uniques, en fonction de nos filtres liés à notre éducation, à nos valeurs, à nos perceptions. Chacun de nos choix sont liés à nos émotions et chacune de nos émotions impactes sur nos décisions. C’est en cela que l’émotion nous meut autant qu’elle émeut.

Ne serait-il donc pas profitable de prendre conscience de leur importance et de leurs bénéfices, afin de vivre vraiment, en partageant qui sommes et non ce que l’on pense devoir être ?


J’espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre l’importance d’accepter ses émotions et vous aidera à avancer sur le chemin du Bonheur.



En attendant, souvenez-vous « Si tu peux le rêver, tu peux le faire »…


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"Si tu peux le rêver, tu peux le faire"

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